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Ce film de la réalisatrice libanaise, Nadine Labaki, nous incruste dans l’extrême pauvreté des enfants des rues au Liban. Son film a obtenu le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes.

Zain, petit garçon d’environ 12 ans (on ne connaît pas son âge réel, car il n’a pas été déclaré à sa naissance), est au tribunal… Le juge l’interroge et lui demande la raison pour laquelle il attaque ses parents en justice. Avec sérieux et concentration, Zain répond “Pour m’avoir donné la vie”!

“Capharnaüm” tells the powerful story of Zain, a young Lebanese boy who sues his parents for the “crime of giving him life”. All through the film, you follow Zain during his peregrinations across Beyrouth in a chaotic, deafening and raw reality atmosphere. This true masterpiece leaves you truly out of breath. A deeply touching story with amazing young actors, Zain Al Rafeea is outstanding just as  Treasure Bankole, who plays the baby girl, Yonas.  

That captivating movie is produced by Nadine Labaki, of Lebanese nationality, it obtained the Jury Award during this year’s Film Festival in Cannes. 

In real life, one day,  Nadine Labaki met a little boy of  7 in Beyrouth, with his family they evaded from Syria to find some safety in Lebanon. Thanks to the film, these refugees will soon have a better life as they will be emigrating to Norway where Zain will be able to learn to read and write…

Ce petit garçon vit dans un quartier de Beyrouth où tout n’est que chaos, bruit, insalubre et sale. La misère est présente partout, certains l’exploite au détriment de ceux qui sont encore plus pauvres qu’eux. Il habite dans un taudis avec ses parents et ses nombreux frères et soeurs, le loyer est payé par le dur labeur de chacun des enfants de cette famille. Zain mendie, vit de trafic mais avant tout et malgré son environnement, il se consacre à protéger sa petite soeur d’environ 11 ans. C’est au moment où sa soeur est vendue, par ses parents, à un homme d’une trentaine d’années que Zain, fou de rage,  anéanti et désespéré par ce qui se passe décide de fuir…

Il vit de petits boulots, de vols pour essayer de survivre. Il crève-la-faim et est livré à lui même. Un jour, il rencontre une jeune femme éthiopienne, sans papier, travaillant au noir pour essayer de faire vivre son enfant. Rahil l’accueille dans son logement délabré et vétuste. Pour pouvoir continuer à travailler, elle lui confie sa petite fille, Yonas,  Zain  s’en occupe le mieux qu’il peut et surtout avec le peu de moyen qu’ils ont. Les deux enfants sont livrés à eux-mêmes. Débute alors un long chemin pour ces deux enfants que la dureté de la vie frappe tous les jours, Zain trouve par tous les moyens possibles de la nourriture pour la petite, par moments on a l’impression qu’ils vont être happés par les dangers de cette ville tumultueuse. Il vole un biberon… un skateboard qu’il bricole pour pouvoir transporter la petite fille… et à chaque fois qu’il réussit ce qu’il a entrepris, ses yeux s’illuminent et on a l’impression qu’il reprend espoir…

Le parcours de ces 2 enfants est parsemé de tendresse et quelque fois de crainte, on veut tant que tout se passe pour le mieux pour ces petits êtres que la Vie n’épargne pas …

En fait, Nadine Labaki (qui d’ailleurs joue le rôle de l’avocat de Zain dans le film) s’est inspirée d’un fait réel. Elle a rencontré dans les rues à Beyrouth, un petit garçon de 7 ans dont la famille avait fui la Syrie pour se réfugier au Liban. Grâce au film, cette famille va connaître des jours meilleurs en s’installant en Norvège et le petit Zain, pourra apprendre à lire et à écrire.

Zain Al Rafeea joue magistralement le rôle de Zain, on dit que les yeux sont les miroirs de l’âme, dans son cas c’est absolument vrai, son regard en fonction des situations qu’il vit le long du film exprime désespoir… rage… tristesse et la dernière image du film est la seule où Zain sourit.

Un fait remarquable c’est que la cinéaste a réussi à diriger cette petite fille d’à peine 3 ans, rôle interprété par Treasure Bankole, afin qu’elle devienne un personnage à part entière.

Je vous invite à aller voir ce film, il est captivant, par moments pour ne pas dire souvent des scènes sont dures et font mal, mais “Capharnaüm” nous fait prendre conscience – si besoin est – que pour certains, même au 21ème siècle, la Vie n’est pas tendre…

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