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A few weeks ago, I had the opportunity to photograph a concert in one of the nursing homes of Brittany. I will not be talking about the choirs and music, but just tell you about one of the ladies living there. Let’s share this emotional moment.

Jeanne was born in 1920, on the island of Ouessant, just off the coast of Brittany. Only child of René and Antoinette, they had been longing for a baby for a long time and when Jeanne was born they were thrilled. It was on one of these stormy days, which, very often in winter, hits this tiny piece of land. But for them, it was the most wonderful sunny day ever. The young girl grew up on the island, she was home schooled by her mother, spent some time helping her dad coming back from his fishing day. Everything went well, until 1939 when World War II brought its lot of disaster, worries, sadness…but the worse for the young girl, was the death of both her parents within 2 months … She was then alone.

She left her island to live “on the continent” as insulates say. After some time in Brest, she left for Paris, having in mind to find a job. Many small jobs, tough ones… Life was quite a hardship for her. From there, many years passed by… No one knew where she was, what was she doing, how was she living, what had happened to her. Was anyone looking for her ?

Some time ago,  on the ground floor of one of these apartments which are more like “living boxes”, someone noticed an old lady spending her days behind her window looking through the curtain… This scene has been going on for years, but no one even dared stopping … This is where one can see the individualism of the human being… We are all focused on our own life, no matter what is happening around us … Only kids sneered at her, rang at her door bell, just to bother her, mocked her…

There was Jeanne, facing all these unpleasant moments, only events happening in her life… Sometimes, probably often (but she never really confessed it) she cried to express her sadness, her misunderstanding about her day-to-day, her loneliness… She would have loved sharing the real story of her life, she would have dearly wished that one of these kids stopped and asked her who she was … But, this never happened.

Jeanne had for sole companion her memories, her souvenirs of the time when braving all the hard moments of life during World War II, she did not hesitate to leave France to reply to the General de Gaulle’s call from London on June 18th, 1940… She did it, she was only 20… Many acts of bravery got her several ribbons, all of them kept preciously in an old cardboard box…

Jeanne is now living in a nursing home in Brittany…

JEANNE

Il y a quelques semaines de cela, j’ai eu l’occasion de faire un reportage photos lors d’un concert dans une maison de retraite du Finistère. Je ne vous parlerai pas de la chorale, de la musique, mais uniquement d’une des pensionnaires dont l’histoire m’a particulièrement émue et… fait réfléchir.

Jeanne est née en 1920 à Ouessant, petite île au large de la côte du Finistère, en Bretagne. Seule enfant de René et d’Antoinette, elle était attendue depuis bien des années et c’est par une nuit de tempête qu’elle arriva, mais, pour ses parents ce fut le plus beau moment de leur vie.

Sa mère lui appris à lire et à écrire et Jeanne était heureuse d’aider son père quand celui-ci revenait de la pêche. Tout se passait bien pour elle et ses parents, quand en 1939 la 2ème Guerre Mondiale éclata avec son lot de souffrances et de peines. Mais le pire restait à venir pour la jeune fille, elle perdu ses parents à 2 mois d’intervalle. Et se retrouva seule …

Elle finit par quitter son île pour le “continent” comme le Ouessantin le dit… Quelques semaines à Brest, puis elle monta à Paris dans le but de trouver du travail. Petits boulots de ci de là, moments pénibles d’une vie de jeune fille, mais, malgré tout elle tenu bon.

Les années passèrent… que faisait-elle ? où vivait-elle ? qu’était-elle devenue ? Personne ne s’en inquiétait voire ne s’en souciait.

Il y a quelque temps de cela, au rez de chaussée d’un de ces immeubles “boîte à chaussures”, quelqu’un remarqua une vieille dame derrière sa fenêtre, rideau entre ouvert. Tous les jours, c’était la même chose, la même attitude qui perdurait depuis bien des années. Elle était là seule au milieu de d’indifférence de tous, comme quoi l’individualisme des gens peut être édifiant. Nous sommes tous axés sur notre petite vie sans se préoccuper de ce qui nous entoure.

Les enfants qui jouaient dans la cour se moquaient d’elle, allaient sonner à sa porte et s’enfuyaient .. lui tiraient la langue. C’était Jeanne, faisant face à ces moments difficiles d’une vie de solitude. Aucun évènement changeait son quotidien. Souvent, mais elle ne l’a rarement vraiment avoué, elle pleurait pour soulager sa tristesse, son incompréhension face à sa vie, à son isolement. Elle aurait tellement souhaité partager la vraie histoire de sa vie. Elle espérait tant qu’un des enfants lui demande qui elle était, pourquoi elle était là, mais, cela ne s’est jamais produit.

Jeanne n’avait que sa mémoire et ses souvenirs comme compagnon journalier. Le temps où bravant les pires moments de la Guerre, elle n’avait pas hésité à répondre à l’appel du Général de Gaulle depuis Londres, le 18 juin 1940. Elle l’a fait à 20 ans! Citations, actes de bravoure et oubli de soi se rappelaient à elle quand elle regardait ses décorations qu’elle garde précieusement dans une petite boîte en carton vieillie par le temps.

Jeanne vit maintenant dans une maison de retraite en Bretagne…

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